Boron 17 - Qui étaient les fusillés?

Publié le par Théâtre du Royaume d'Evette

(Boron 17 à Boron, programme)

Auguste Ghys né à Paris le 29 mars 1896, fusillé à Boron le 7 avril 1916 (20ans).

Blanchisseur à Paris, Auguste Ghys s’engage dans le 6e hussards au commencement de la guerre contre l’Allemagne. Condamné pour vol par le conseil de guerre de Marseille le 23 octobre 1914, il est transféré au 11e hussards avec lequel il combat dans le massif vosgien puis sur le front de Champagne. Condamné à mort pour abandon de poste par mutilation volontaire, il est fusillé le 7 avril 1916, en compagnie du soldat Jacques Gauthier.

Jacques Gauthier né à Peyrillac (Haute-Vienne) le 5 août 1877, fusillé à Boron le 7 avril 1916, 38 ans.

Conscrit de la classe 1897, il a effectué son service militaire en 1898-1901 au sein du 63e RI. Rappelé sous les drapeaux à la mobilisation générale, il est affecté au 63e et 327e RI. Blessé en janvier 1916 aux Eparges, il est accusé de mutilation volontaire devant le conseil de guerre de la 51e DI. Condamné à mort pour abandon de poste par mutilation volontaire, il est fusillé le 7 avril 1916, en compagnie du soldat Ghys. Son nom figure sur le monument au mort de sa commune de naissance.

Soixante-douze ans plus tard, Léon Querry qui, enfant au moment des faits, assista à la cérémonie de dégradation militaires des deux condamnés, se souvenait encore parfaitement de la scène : « les soldats ont formé un carré au milieu duquel des hommes étaient debout. Devant eux, un officier a lu un document qui correspondait aux décisions du conseil de guerre. Les ceinturons ont été retirés ainsi que les boutons et les écussons arrachés. Ensuite les condamnés ont été chargés dans un tombereau tiré par un cheval et dirigé sur le lieu d’exécution à Boron ».

Edmond Bourquin, âgé de douze ans en 1916, assista à l’exécution : « des militaires attendaient les condamnés à l’entrée du village. Ils accompagnèrent le convoi funèbre jusqu’au lieu de l’exécution, trois cent mètres après la ferme Beuglet. Les militaires étaient accompagnés de la musique militaire. Des habitants et, parmi eux, des enfants suivirent le cortège jusqu’au bois et assistèrent à l’exécution, Le lieu d’exécution avait été repéré ; les deux arbres qui servaient de poteaux, pour y attacher les condamnés se dressaient en contre-bas d’un talus. Deux pelotons étaient présents. Avant d’être fusillé, le plus âgé a crié sa bonne foi, le plus jeune était prostré et n’a rien dit. Aussitôt après l’exécution, les corps ont été transportés au cimetière de Boron. C’est là que les familles sont venues les chercher après la guerre ».

Source : Frédéric Mathieu, 14-18 les fusillés, Editions Sébirot.

 

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