Un Président au Granit

Publié le par Théâtre du Royaume d'Evette

24/10/2012

 

Un Président au Granit.

 

Le Président a échappé à un attentat anarchiste. Son officier de protection est mort ainsi que le chien de la Présidente d'une crise cardiaque, dans les bras de celle-ci. Les anarchistes : des universitaires, des intellectuels parmi lesquels figurerait le fils du couple présidentiel. La pièce éponyme de Thomas Bernhard a été publiée en 1975. Il est toujours instructif de revenir sur cette période marquée par le terrorisme de la Fraction Armée Rouge en Allemagne et les Brigades Rouges en Italie. Deux exemples : en 1977, le président du patronat allemand est assassiné, son corps est retrouvé dans le coffre d'une voiture à Mulhouse ; une année plus tard, c'est le président du gouvernement italien, Aldo Moro, qui est exécuté d'une balle dans la nuque, son corps également retrouvé dans le coffre d'une voiture. Sur la scène du Granit, la pièce a un petit côté rétro avec ces dictateurs en marionnettes d'opérette. Mais le terrorisme n'est pas l'argument principal ni de la pièce ni de la mise en scène. Le terrorisme d'extrême-gauche a disparu des écrans de télévision, d'autres terroristes sont apparus. Ils s'appellent Merah ou Breivik. On ne trouvera pas dans la pièce de Bernhard de quoi comprendre le comportement de ces deux-là. C'est que les modes d'exercice du pouvoir ont changé de forme. Le petit Nicolas et Carla étaient un couple présidentiel séraphique à côté de celui dépeint par Bernhard : pas assez méchants, trop people ! Où sont les auteurs dramatiques contemporains qui nous livreraient quelques pistes pour déchiffrer les Merah ou les Breivik (un écrivain français a commis un « éloge littéraire » de ce dernier : on ne sait jamais où s'arrête l’obscénité ) ?

 

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