A François Jacob

Publié le par Théâtre du Royaume d'Evette

« Je suis un rêveur de textes qui s’appuie sur le réel, un rêveur définitif comme dit André Breton.»

(François Jacob)

A François Jacob

 François Jacob nous a quittés le 14 septembre 2021. La  Nuit Obscure, d’après les poèmes de Jean de la Croix, aura été sa dernière mise en scène au terme d’une liste impressionnante dans laquelle figurent les textes d’auteurs majeurs comme Genet, Shakespeare, Ibsen, Tchekhov et bien d’autres, des auteurs qui n’avaient jamais été joués ou très rarement à Belfort. 

François a travaillé ces textes avec l’inébranlable volonté de réaliser la délicate synthèse entre le théâtre d’art et le théâtre populaire, il répétait volontiers la formule d’Antoine Vitez : « un théâtre élitaire pour tous ».

Un Collectif s’est constitué pour lui rendre hommage et donner à tous l’occasion de saluer un camarade parti trop tôt, d’une vivacité artistique intacte, et dont on espérait de nouvelles et ambitieuses créations. Il avait en projet de monter une dizaine de pièces dont les trois pièces de Sophocle concernant le cycle d’Œdipe, mais aussi Bérénice de Racine. Non sans un brin de provocation, il imaginait cette dernière « dans la baie d’Helsinki, au mois de  février, sur la mer gelée ouverte par un brise-glace de l’armée ! ». Mais qu’importe, n’est-ce pas le rôle du théâtre que de briser nos certitudes et nos accommodements avec la force d’un brise-glace ?

 

Le Roi Lear

Saluer une œuvre, c’est aussi lui rendre justice. Durant ses dernières années, faute de soutien public, François a souffert de ne pas pouvoir exercer pleinement son métier. Un métier ingrat. Que reste-t-il de l’œuvre d’un metteur en scène ? Des traces plus ou moins fidèles, plutôt moins que plus, comme il en est du spectacle vivant à la différence du cinéma ou des arts plastiques.

Chacun a ses souvenirs, partagés ou non. Ceux d’un spectateur ou d'une spectatrice ne sont pas les mêmes que ceux d’un comédien, d’une comédienne ou d’un assistant technique. Aucun ne prétend refléter celui des autres. Mais conjuguer les reflets pour en faire de la lumière, ça oui, absolument.

        C’est ce à quoi va s’employer le Collectif en proposant du théâtre, des lectures, des témoignages, une exposition et des films, du 20 au 23 avril 2022 au Théâtre Louis Jouvet (Belfort).

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La Fiancée du Lion

« Je ne suis pas un carriériste. Je suis à la recherche d’une œuvre d’art. Je travaille comme un écrivain dans sa chambre ou comme un peintre dans son atelier. »

(François Jacob)

Publié dans Agenda

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